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Genjitsushugisha no Oukokukaizouki

Traduit par la team : Novel de Glace
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Tome 3 Chapitre 20 – Projet Lorelei ④


« Ce roi, il a très certainement fait un vilain tour… »

À Nelva, une ville fortifiée dans le sud-ouest d’Amidonia, une personne qui s’était mêlée aux téléspectateurs afin de regarder l’émission marmonnait ça.

Cette personne portait une cape à capuchon qui couvrait tout son corps, rendant impossible la lecture de son expression. Tout ce qu’il était possible de discerner était que, comparée à ceux autour de cette personne, elle avait une petite carrure, et une voix qui était très probablement celle d’une femme.

Un homme cagoulé debout à côté d’elle avait posé une question à la jeune fille dans le manteau à capuche. « Un vilain tour ? »

« C’est très vilain, » déclara la fille. « Après tout, il prend “toutes les choses que mon vieux père a délibérément tenues à l’écart des gens” et puis les leur donne soudainement en une fois. Il n’y a aucun espoir que mon frère puisse rétablir sa situation après ce vilain tour… Eh bien, du point de vue du peuple, c’est peut-être pour le mieux. »

Avec ces mots dits, la fille à capuchon a haussé les épaules comme pour ajouter, « Bon sang ! »

L’homme encapuchonné à côté d’elle la regardait avec confusion. « Euh, princesse, que dites-vous que le Seigneur Gaius a volé aux personnes ? »

« La liberté, c’est cela, M. Colbert, » dit la fille à capuchon.

La fille à capuchon était la fille de Gaius VIII, Roroa Amidonia. L’homme à côté d’elle était l’ancien Ministre des Finances, Colbert.

Roroa avait montré la vidéo. « En utilisant ainsi le Joyau de Diffusion de la Voix, il y aura des femmes qui vont vouloir porter des habits de fantaisie, et des hommes qui vont convoiter de jolies jeunes filles en plein jour. Rien de tout cela n’aurait été permis auparavant dans la principauté, n’est-ce pas ? C’était parce que ni le prince ni le peuple ne voulaient répandre les idéologies de faibles. Mais ce roi, il leur montre avec cette émission que tout cela est autorisé dans le Royaume. »

« En d’autres termes... en exhibant leurs “libertés”, » déclara Colbert.

Roroa acquiesça. « C’est exact. C’est ce qui le rend vilain. La liberté est “gratuite”. Le donner au peuple ne coûte rien à Souma. Maintenant, si vous essayez de la leur enlever, il y aura de la résistance. Même s’il emprunte le pouvoir de l’Empire et parvient à récupérer Van, voyiez-vous vraiment mon frère qui leur laisserait cette “liberté” en vue de sa mentalité ? Moi je ne peux pas. Sous le règne de mon frère, cela va être simplement une répétition de la manière dont mon vieil homme dirigeait cet endroit. Il y aura le chaos, il n’y a pas deux façons de faire face à ça. »

« Non... voulez-vous dire que Souma a calculé tout cela avant de faire cette émission ? » s’exclama Colbert.

« Voilà à quoi ça ressemble, » répondit-elle.

Les yeux de Colbert s’étaient écarquillé. Il avait été choqué que cette fille, qui quand elle retirait sa capuche avait d’adorables petits yeux comme ceux d’un tanuki, eût vu à travers les desseins du roi Souma, l’homme qui avait ridiculisé Gaius VIII avec ses plans.

Si le dirigeant d’Amidonia n’avait pas été Gaius ou Julius, mais à la place Roroa, le monde pouvait en ce moment être un endroit très différent. Non, cela ne faisait aucun doute que cela aurait été le cas. Quand il y pensait, Colbert ne pouvait s’empêcher de ressentir un profond sentiment de regret.

Cependant, il semblait que Roroa elle-même ne pensait même pas à ça. « Ceci signifie simplement que mon vieux père ne lui correspondait pas. Car après tout, ce vieil homme était sans espoir quand il s’agissait de quelque chose autre que le champ de bataille. Franchement… Je lui ai dit que s’il ne stimulait pas l’ardeur à dépenser et à relancer l’économie, cette crise économique allait durer éternellement, mais il n’a pas entendu un mot de ce que j’ai dit... »

En l’entendant parler avec tant d’amertume, Colbert se dépêcha de répondre. « Euh, princesse... à propos de votre père. »

« Oh, ne vous en fais pas pour ça, » dit-elle. « Je ne suis moi-même pas trop dérangée par ça. »

Dans la récente bataille, les forces d’Amidonia avaient subi une défaite majeure de la part des forces d’Elfrieden, et le père de Roroa, Gaius VIII, avait été abattu par l’Armée Royale sous le commandement de Souma Kazuya.

Lorsque Colbert avait essayé de lui montrer de la sympathie pour cette perte, Roroa lui avait juste fait signe de s’arrêter. « Je me demandais pourquoi c’était ainsi ? J’ai entendu que mon vieux père est maintenant mort, mais je ne me sens nullement triste de ce fait. Je suppose que finalement, je ne m’entendrais jamais avec mon vieux père ou mon frère... »

« Princesse…, » murmura Colbert.

« S’il y a une chose... c’est que je suis choquée que je ne sois pas plus choquée par ça, » déclara Roroa. « Je voudrais me venger de Souma, mais tout ce que je ressens envers lui, c’est de la curiosité. La façon dont il a reconstruit ce vieux pays et l’étrange façon dont il utilise le Joyau de Diffusion de la Voix, je me demande dans quel monde il a dû vivre pour apprendre à faire tout cela. J’aimerais le rencontrer et pouvoir lui en parler. Hé, Monsieur Colbert. Pensez-vous que je sois peut-être sans cœur ? »

Pour la première fois, ses yeux incertains avaient jeté un coup d’œil en dehors de sa capuche. Ses yeux humides étaient comme ceux d’un chiot abandonné. Quand Colbert la vit ainsi, il avait dit en toute hâte « Non ! » et avant bougé négativement sa tête.

« Vous essayiez de sauver ce pays d’une manière différente de celle du Seigneur Gaius ! » déclara-t-il. « C’est pourquoi vous ne vous êtes jamais entendus avec Gaius ou Julius, qui ont placé l’idéologie devant le bien du peuple, et vous ressentez une profonde affinité avec le roi Souma qui regarde toujours les choses à travers les yeux de son peuple ! Il s’agit de la véritable preuve que vous êtes la princesse de ce pays ! »

Après Colbert eut dit cela, Roroa, qui avait juste eu quelques instants auparavant l’air d’un chiot abandonné, avait dit, « Êtes-vous sûr ? Eh bien, bon, » puis, elle se mit à rire.

Était-ce des larmes de crocodile !?

Même le gentil Colbert était prêt à la consoler, mais il reconsidérera ça. Roroa était capable de faire semblant d’être triste, mais elle était aussi capable de prétendre faire semblant d’être triste. Seule Roroa savait ce qu’elle ressentait vraiment. Alors... Colbert n’avait rien rajouté.

Puis, soudainement, Roroa avait retiré sa capuche. Avec ses deux queues de cheval, l’adorable visage de Roroa apparut devant lui. Les yeux de Colbert s’ouvrirent largement sous la surprise.

« Princesse, que pensez-vous faire là ? Nous devons rester cachés, le réalisez-vous ? Et si quelqu’un vous voyait ? » s’exclama-t-il.

« Tout le monde est occupé à regarder le programme de musique, » dit-elle. « Ils ne vont donc pas nous regarder. Mais, avant de parler de ça, en tant qu’homme contre qui je vais devoir me battre, je pensais que je devais maintenant graver l’image du visage de Souma au fond de mes yeux. »

Aux yeux de Roroa, Souma était un jeune homme simple et ordinaire, comme on pouvait en voir partout. Cependant, elle était également bien consciente qu’il y avait bien plus en lui que ce que son œil percevait. Une personne normale ne pourrait pas restaurer un royaume en déclin, ou vaincre les trois ducs et la principauté. Il était un adversaire difficile à évaluer précisément parce qu’il semblait si normal.

Roroa remit sa capuche, tirant Colbert par le bras alors qu’elle s’éloignait. « Maintenant, nous avons quelques préparatifs à faire de notre côté. Souma bouge plus vite que je ne le pensais. »

« … Ha ! Oui, mademoiselle ! » déclara Colbert.

Pensant que c’était dès ce moment-là que les choses allaient sérieusement commencer, Colbert affichait une expression sérieuse sur son visage. Alors qu’elle marchait, Roroa se retourna, regardant l’image de Souma projetée par le récepteur, et gloussa.

Maintenant que vous nous avez mis dans l’ambiance, n’allez pas penser que nous vous laisserons courir pendant que vous avez pris de l’avance, pensa-t-elle. Vous allez devoir en assumer la responsabilité. Oh, oui, vous devrez le faire. Mieux vaut que vous soyez prêt, Souma !

☆☆☆

Après que la chanson de Juna soit terminée, ce fut encore au tour de Pamille. Nous n’avions pas encore assez de Loreleis, donc pour l’émission d’aujourd’hui, chacune d’entre elles allait chanter deux chansons.

Quand le tour de Pamille fut à son tour terminé, j’avais attendu que Nanna commence sa deuxième chanson, puis j’avais traîné Aisha dans un endroit hors de vue, depuis où nous ne serions pas vus dans l’émission.

« Q-Qu’est-ce qu’il y a, Sire ? » demanda-t-elle. « Vous savez, nous sommes encore en direct. »

« Je vous ai dit qu’il y avait quelque chose qui m’inquiétait pendant cette émission, n’est-ce pas ? » dis-je. « C’est ce qui va se passer après Nanna. »

Quand elle avait entendu ces mots, Aisha avait affiché une expression sérieuse.

Je lui avais tranquillement dit, « Quand le prochain acte commencera, je compte sur vous en tant que garde du corps. »

« Quoi !? Vous ne voulez pas dire que Madame Juna ferait un peu... mmmph, » dit-elle.

Alors même que nous étions encore au milieu de l’émission, Aisha avait commencé à hausser la voix, alors je lui avais couvert la bouche avec ma main.

Une fois qu’elle s’était calmée, je secouais silencieusement ma tête. « Ce n’est pas Juna. Entre les deuxièmes chansons de Nanna et Juna, nous avons un chanteur qui à la dernière minute a sauté sur l’occasion afin de participer. »

« Hmm… Je-je n’ai jamais entendu parler de ça ! » cria Aisha.

« Comme je l’ai dit, elle a demandé à participer à la dernière minute, » dis-je. « Nous avons décidé de cela tout à coup, juste avant que nous commencions le direct. D’ailleurs, si je ne vous ai pas prévenue, c’est que je pensais que vous seriez trop occupée à y penser et que vous risqueriez de vous tromper dans votre texte. »

« Hmmarg… Je ne peux pas le nier, » dit-elle.

Ho franchement, pensai-je.

Pourtant, je lui avais tapoté sur l’épaule. « Donc là, vous le savez maintenant. Je compte sur vous s’il en est ainsi. Vous êtes l’une des hôtes, donc vous ne pouvez pas porter votre épée, mais est-ce que vous voulez garder une arme plus petite sur vous ? »

« Non, dans ce cas, je ferais mieux d’être à mains nues… Attendez, cette personne est-elle dangereuse ? » s’exclama Aisha.

« Non… Je pense que probablement, cela ne sera pas un problème, » dis-je. « Je prends juste une assurance. »

« Assurance, je vois… Compris. Sire, je vous protégerai jusqu’à la mort ! » dit-elle.

Aisha frappa une fois sa poitrine avec sa main. Il avait généralement fait un clang métallique à cause de son armure, mais aujourd’hui Aisha portait une robe de soirée. La poitrine généreuse qui était habituellement cachée sous son armure se balançait, alors je me détournai, embarrassée, parce que je ne savais pas où regarder.

Maintenant… voyons comment ceci va se passer, pensai-je.

☆☆☆

« Cette émission de musique est très certainement très jolie…, » déclara quelqu’un dans la foule.

Au moment où ils avaient fini d’écouter la deuxième chanson de Nanna, une atmosphère de relaxation s’était installée chez les téléspectateurs Amidoniens. Ils appréciaient sincèrement l’émission de musique. À en juger par l’ordre des choses jusqu’à présent, Juna Doma était celle qui viendrait après. Ils étaient même devenus excités de l’entendre encore chanter.

Cependant, cette atmosphère était tout sauf époustouflante dans l’instant suivant. Une femme était apparue sur l’écran. Elle semblait avoir entre trente et quarante ans. Elle se tenait là avec ces deux mètres de haut. Elle avait une carrure si musclée que c’était apparent même à travers l’uniforme militaire qu’elle portait. Il y avait une vive lueur dans ses yeux, et elle portait ses cheveux lissés en arrière, il était donc difficile de dire quel était son sexe.

En fait, les seuls qui savaient qu’elle était une femme étaient les téléspectateurs de la principauté. Il s’est avéré que les téléspectateurs dans le Royaume pensaient qu’elle était un travesti.

Souma et Aisha apparurent sur l’écran à côté de la femme. Souma avait toujours son sourire forcé, mais Aisha regardait prudemment la femme.

« Maintenant, nous avons une invitée surprise, » déclara Souma. « Il s’agit de la commandante amidonienne, Margarita Wonder. Pendant que les troupes en garnison à Van se retiraient, Mademoiselle Wonder est restée ici pour surveiller si nous respectons l’accord et que nous ne nuisons pas à la population. »

Les habitants de Van avaient hoché la tête. Cela ressemble exactement à Mademoiselle Wonder, pensaient-ils.

Bien que vivant dans la Principauté d’Amidonia, où il était difficile pour les femmes de faire une carrière réussie, ses extraordinaires prouesses martiales et sa capacité à diriger l’avaient élevée au rang de général, et elle était maintenant une guerrière expérimentée. Ses capacités martiales et son apparence sévère la faisaient craindre par le peuple, mais elle avait aussi gagné leur confiance en vue de sa réputation de personne juste et droite.

Pourtant, cela rendait d’autant plus difficile pour eux de comprendre la situation. Que faisait ici Mademoiselle Wonder, à côté de Souma ?

« Mademoiselle Wonder était prisonnière de guerre, mais en raison de son rang et cela bien qu’elle ai été capturée, nous l’avions assignée à résidence, » déclara Souma. « Cependant, quand elle a entendu parler de cette émission, elle a immédiatement dit : “J’aimerais que vous me laissiez également chanter” et elle s’est donc portée volontaire pour y participer. »

Souma parlait sur un ton joyeux, mais Margarita elle-même resta silencieuse. Cette différence d’enthousiasme entre les deux était palpable, et cela envoya un frisson dans les échines des habitants de Van.

« Hé... est-ce que quelque chose est sur le point de se produire ? » se demanda quelqu’un dans la foule.

« Vous ne pensez quand même pas que Mademoiselle Wonder utiliserait cette chance afin d’essayer de tuer Souma, n’est-ce pas ? »

« Non, Mademoiselle Wonder ne s’abaisserait jamais à faire quelque chose de si sournois... »

« Mais regardez l’expression de cette elfe sombre. Elle est sur ses gardes. »

« Souma a beau sourire, mais vous pouvez bien voir qu’il est aussi très nerveux. »

Même si les événements se déroulaient actuellement dans le château, les habitants de Van semblaient tous avoir l’air gênés et cela les effrayait. Dans cette atmosphère, Souma continuait de parler avec un sourire.

« Maintenant, entendons-la chanter, » annonça Souma. « Mademoiselle Margarita va chanter… “À Travers la Vallée de Goldoa”. »

Quand ils entendirent le titre de la chanson, l’air qui circulait autour du public sembla se geler.

La chanson annoncée, « À Travers la Vallée de Goldoa » était l’hymne national d’Amidonia. Elle allait chanter l’hymne dans un Van occupé, juste en face de Souma, le roi de la nation occupante.

La population d’Amidonia avait compris en un instant la signification de tout cela.

Mademoiselle Wonder était prête à affronter la mort.

Une fois que Souma et Aisha étaient sortis de l’écran, un morceau de musique solennel dans une tonalité mineure avait commencé à être joué. Puis, enfin, Margarita avait commencé à chanter.

« Dans le pays au-delà des montagnes, où Ursula naîtra demain, ♪ Est-ce la terre qui a donné naissance à nos ancêtres, la terre à laquelle nous reviendrons ? ♪ Continuez, Ô chevaux, à escalader la colline de nos camarades tombés au combat. ♪ Continuez, Ô courageux guerriers, pour que cela deviennent nos terres de notre pays au-delà de là ♪. »

C’était une chanson puissante chantée avec une voix rauque. Les personnes de la principauté s’étaient naturellement levées avec fierté.

Le chant de Margarita avait rappelé de force aux personnes de la principauté qu’ils étaient citoyens d’Amidonia, y compris à celles de Van.

Ils avaient senti une admiration naissante pour la « liberté » dont jouissait la population du royaume, mais sa chanson était comme le gel qui avait causé la fermeture de ces bourgeons.

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