Flux RSS

Genjitsushugisha no Oukokukaizouki

Traduit par la team : Novel de Glace
<> A- A A+

 

Meilleur constraste
Laisser appuyer le bouton gauche de la souris une seconde et relacher pour créer un marque-page à l'endroit que vous souhaitez.

Tome 3 Chapitre 27 – Crime et Châtiment ②


Le livre auquel je m’étais référé en décidant comment je devrais agir en tant que roi était Le Prince.

Le Prince de Machiavel fut appelé « le livre du diable » et pendant des centaines d’années après sa publication, il fut attaqué par l’église chrétienne. Les parties les plus souvent distinguées étaient : « Chapitre VIII — De ceux qui sont devenus princes par des scélératesses » et « Chapitre XVII — De la cruauté et de la clémence, et s’il vaut mieux être aimé que craint.. »

Le chapitre VIII avait pour thème. « Même si un bon souverain peut perdre son pays, celui qui a saisi son État par des moyens ignobles et traîtres peut, par la suite, vivre le reste de sa vie en paix, sans subir la rébellion de son peuple. » Machiavel avait dit : « Je crois que cela découle de la mauvaise utilisation de la cruauté ».

En outre, au chapitre XVII, il avait aussi annoncé que les hommes étaient des créatures égoïstes, et si on leur demandait de faire du mal à l’une des deux personnes, ils choisiraient de faire du mal à une personne qu’ils aimaient au lieu de le faire à une personne qu’ils craignaient. Cela signifiait « il est beaucoup plus sûr d’être craint que d’être aimé ».

Il avait également dit. « Quand un prince est avec son armée, il est tout à fait nécessaire pour lui de ne pas tenir compte de la réputation de la cruauté, » indiquant également. « Hannibal de Carthage n’a fait face à aucune dissension parmi ses troupes ou contre lui-même, que ce soit dans la victoire ou dans la défaite. Cela ne vient de rien d’autre que sa cruauté inhumaine. »

L’église chrétienne, qui avait prêché l’amour, avait attaqué ces portions de texte, en disant. « Qu’est-ce que cela veut dire ? Recommande-t-il que les princes, qui devraient régner par la vertu, se livrent à des actes de cruauté !? » Cela les avait mis en colère, et Le Prince avait été interdit.

Puis, en partie à cause de sa réputation établie en tant que livre du diable, son contenu n’avait pas été examiné de près, les énoncés extrêmes ayant reçu le plus d’attention. Il en était arrivé au point où des erreurs de lecture telles que « Le Prince approuve l’usage de la cruauté » ou « Le Prince dit de massacrer tous ceux qui s’opposent à vous » étaient apparues sans contestation. On avait également vu des appels occasionnels pour réévaluer cette tendance.

Cependant, ce que je voulais dire avec fermeté était que : Machiavel n’a pas donné beaucoup de détails sur les cruautés.

Au chapitre VIII, il avait dit : « Celui qui usurpe un État doit déterminer et exécuter tout d’un coup toutes les cruautés qu’il doit commettre, pour qu’il n’ait pas à y revenir tous les jours, et qu’il puisse, en évitant de les renouveler, rassurer les esprits et les gagner par des bienfaits. Celui qui, par timidité ou par de mauvais conseils, se conduit autrement se trouve dans l’obligation d’avoir toujours le glaive en main, et il ne peut jamais compter sur ses sujets, tenus sans cesse dans l’inquiétude par des injures continuelles et récentes. Les cruautés doivent être commises toutes à la fois, pour que, leur amertume se faisant moins sentir, elles irritent moins ; les bienfaits, au contraire, doivent se succéder lentement, pour qu’ils soient savourés davantage. » Mais quand il s’agit du contenu pour le démontrer, il avait seulement énuméré des faits historiques, et à aucun moment Machiavel lui-même n’avait dit. « Faites-le comme ça ! »

C’était la même chose au chapitre XVII. Il avait crédité les actes merveilleux d’Hannibal à sa cruauté inhumaine, mais il n’avait pas précisé quelle était cette cruauté. Maintenant, quelles étaient ces cruautés que Machiavel disait devoir être faite en même temps, ou la cruauté qui était le fardeau qu’un prince devait supporter ?

Premièrement, Machiavel avait dit dans le chapitre XVII que, « Le prince qui veut se faire craindre doit s’y prendre de telle manière que, s’il ne gagne point l’affection, il ne s’attire pas non plus la haine » et avait noté que, pour éviter d’être détesté, « Il doit s’abstenir d’attenter, soit aux biens de ses sujets, soit à l’honneur de leurs femmes. » Puis, dans la même section, il avait dit. « S’il faut qu’il fasse périr quelqu’un, il ne doit s’y décider que quand il y aura une raison manifeste, et que cet acte de rigueur paraîtra bien justifié. »

Cela pourrait être reformulé en ça. « Même si un prince a une cause juste, il ne doit pas porter la main sur la terre, les biens ou les femmes de son sujet, et le meurtre n’est permis qu’avec une cause valable. (C’est-à-dire que le fait de tuer sans cause n’est pas permis.) »

En d’autres termes, quand Machiavel avait parlé de « l’usage des cruautés », il l’avait limité à « l’assassinat de ceux pour qui vous avez une raison. » Par conséquent, jusqu’où ces meurtres justifiables peuvent-ils être autorisés ? Est-ce qu’il disait, comme l’avait condamné l’église, que vous devriez « tuer tous vos ennemis » ?

Je savais bien que les opinions étaient partagées sur ce point, mais je croyais que la réponse était « Non. »

C’était parce que, dans le chapitre XX du Prince, Machiavel avait dit lui-même ceci : « Les princes, et particulièrement les princes nouveaux ont, éprouvé les hommes qui, au moment de l’établissement de leur puissance, leur avaient paru suspects, leur étaient plus fidèles et plus utiles que ceux qui d’abord s’étaient montrés dévoués. »

Avec ceux qui avaient pu être hostiles au début, s’ils avaient besoin d’aide pour subvenir à leurs besoins, ils pourraient être facilement gagnés à sa cause. Une fois qu’ils avaient été gagnés, ils travaillaient désespérément pour dissiper la mauvaise impression qu’ils avaient laissée, et ils étaient donc beaucoup plus utiles que ceux qui, ne s’étant pas opposés au nouveau prince au début, vivaient dans la sécurité.

Pour un exemple dans l’histoire du Japon, le féroce général qui avait servi sous Nobunaga Oda, Katsuie Shibata, devrait servir d’exemple facile à comprendre.

Quand le frère cadet de Nobunaga s’était révolté contre lui, Katsuie s’était au début rangé du côté du frère cadet, mais s’était ensuite rendu et était devenu son vassal. De là, Katsuie rendit un service distingué sous Nobunaga et devint son principal serviteur. Cependant, si ses efforts avaient été jugés insuffisants, il aurait pu être banni comme Hidesada Hayashi, qui s’était rendu avec lui. Cela avait dû faire partie de la raison pour laquelle Katsuie avait travaillé avec un tel désespoir.

Maintenant, revenons sur le sujet. Ce que Machiavel voulait dire quand il parlait de « cruauté » n’était pas « Assurez-vous de tuer tous ceux qui vous opposent », ou quelque chose comme ça.

Par conséquent, que voulait-il dire exactement ?

Pour répondre à cela, il fallait se tourner vers les exemples historiques que Machiavel avait utilisés de « cruautés bien utilisées. »

Quand Syracuse avait été attaqué par les Carthaginois, Agathocles avait trompé et tué les sénateurs et les personnes influentes, puis, une fois qu’il avait consolidé son propre pouvoir, il avait repoussé l’attaque carthaginoise.

Afin de s’emparer du pouvoir de sa ville natale de Fermo, Oliverotto avait trompé et tué son oncle qui était son patron avec les citoyens d’influence, puis avait tenu Fermo pour une seule année.

Quant à l’homme que Machiavel avait brandi comme son prince idéal, Cesare Borgia, il avait assassiné ceux qu’il avait réconciliés et avait consolidé son pouvoir. Parmi ceux qu’il avait tués était le Oliverotto susmentionné.

Machiavel avait approuvé ces actions. Et ce que nous pouvions voir à partir de ces exemples, c’est que la cible des cruautés était des alliés dans votre propre camp.

Les sénateurs, qui auraient pu être des alliés en tant que membres du même camp, mais qui auraient entravé ses politiques.

Le père qui empêchait quelqu’un de devenir prince. Et enfin, ceux qui s’étaient réconciliés et devenaient des alliés, mais qu’on ne pouvait pas faire confiance sur le fait qu’il n’allait pas se retourner contre lui une fois de plus.

Ces sortes d’alliés gênants, ou pour le dire plus fortement, les ennemis potentiels dans son propre camp, avait été la cible des cruautés selon Machiavel.

On pouvait en dire autant de la « cruauté » au chapitre XVII.

Hannibal aurait été craint par ses hommes à cause de sa cruauté inhumaine, mais si nous devions juger la qualité de cette « cruauté », en regardant l’exemple contrasté qu’il donnait de Scipion, ce qu’il voulait dire par là commençait à apparaître. Scipion était un grand général, mais ses hommes le trahirent, et les gens sous son règne se révoltèrent contre lui. La raison en était que sa trop grande indulgence l’empêchait de punir ses partisans quand ils se livraient à des abus.

En bref, Machiavel disait qu’Annibal, qui était l’opposé de Scipion, était capable de condamner correctement ses alliés, ce qui le rendait craint par ceux qui servaient sous ses ordres, et peu importe qu’il ait gagné ou perdu, ils ne l’avaient jamais trahi.

Si nous pensions à la cible du « bon usage des cruautés » de Machiavel comme étant des alliés qui pourraient à l’avenir devenir des ennemis, avec son autre affirmation dans Le Prince que lorsque les États voisins sont en guerre, vous devez indiquer clairement de quel côté vous êtes, car si vous essayiez de rester neutre, vous échoueriez généralement. Nous pouvions commencer à voir quelles étaient les pensées sous-jacentes de Machiavel.

Fondamentalement...

« Ne faites pas confiance aux opportunistes qui rejoignent le camp qui gagne en ce moment. »

... C’était à peu près ça.

Machiavel avait servi comme diplomate à une époque où l’Italie était en proie à des intrigues et des trahisons.

Il avait dû voir d’innombrables cas où les choses avaient été poussées sous le tapis parce que quelqu’un ne voulait pas en faire beaucoup. Et tout cela pour finalement finir par voir ceux dont les transgressions avaient été oubliées devenant une source majeure de problèmes plus tard. C’est pourquoi il avait dit que, même si elle était jugée « cruelle », la source de la maladie devait être tranchée à sa racine.

C’est pourquoi j’avais fait décapiter ces douze nobles.

Plus de dix hommes vêtus de noir se tenaient derrière les douze nobles décapités. Leurs visages étaient couverts de tissu noir, et ils portaient des vêtements noirs qui ressemblaient à des tenues de ninja. Dans leurs mains, ils tenaient des épées ensanglantées. Cela rendait évident qu’ils étaient ceux qui avaient décapité les nobles.

L’intrusion soudaine et le meurtre avaient fait que tout le monde déglutit. Mon expression était restée inchangée. Hakuya n’avait pas changé d’un iota son expression. Mais nous étions les seuls dans ce cas.

« Hein !? Souma ! » s’exclama Liscia.

« Sire ! Vous autres, qui êtes-vous ? » cria Aisha.

Liscia et Aisha avaient toutes deux dégainé leurs épées et s’étaient avancées afin de me protéger, mais j’avais simplement posé une main sur l’épaule de chacune d’elles.

« Ça va. Ce sont mes subordonnés, » dis-je.

Liscia s’exclama. « Vos subordonnés… Hein… !? »

Tandis que Liscia semblait toujours perplexe, l’un des hommes en noir s’approcha. Alors que les autres hommes portaient tous des vêtements noirs quelconques, celui-ci était le seul qui portait une armure noire laquée. Il avait près de deux mètres de haut, avec une corpulence musculaire qui était visible même à travers son armure. De son cou vers le bas, il ressemblait à une sorte de Chevalier Noir, mais son visage était recouvert d’un masque de tigre noir. L’homme au masque de tigre noir s’agenouilla devant moi, inclinant la tête. « Maître. La mission est terminée. »

L’homme dans le masque de tigre noir avait une voix grave qui convenait à son apparence.

Liscia inhala de surprise. « Cette voi… quo !? »

Liscia avait commencé à dire quelque chose, mais j’avais tenu son épaule plus serrée. Liscia me regarda avec surprise, mais quand je secouai la tête... il semblait qu’elle avait compris ce qui se passait. Elle avait doucement rengainé son épée.

Quand j’avais regardé Excel, elle semblait également avoir compris la situation générale. Il y avait une légère colère pas tout à fait cachée dans son sourire.

« Je vais insister... pour avoir une explication appropriée de tout cela plus tard, » elle semblait dire ça silencieusement. Quand une beauté comme elle se fâchait, c’était un spectacle incroyable à voir.

Je sentis un vent froid me couler le long de ma colonne vertébrale alors que je tapotais Aisha sur l’épaule, qui n’avait toujours pas baissé sa garde.

« Aisha, rengainez également votre épée, » dis-je.

« M-Mais…, » dit-elle.

« Son nom est Kagetora… “Le Tigre de L’Ombre.” Il est le chef de l’agence de renseignement, les Chats Noirs, qui relèvent directement de ma personne, » dis-je.

Alors que je disais ça, les agents des Chats Noirs avaient brandi leurs épées devant eux à l’unisson.

J’avais été pris par les services secrets de l’Empire à Van, la capitale d’Amidonia, alors j’avais récemment organisé cette unité sous mon commandement direct pour me concentrer sur les opérations de renseignements.

Pour être plus précis, j’avais considérablement augmenté le nombre d’agents qu’avait déjà Hakuya, affiné leurs compétences, amené Kagetora avec ses superbes capacités de commandant pour les diriger, puis les réorganisais en une unité sous mon commandement direct.

Il s’agissait d’une unité avec beaucoup de mystères. Les identités des membres étaient inconnues. On ne savait pas non plus pourquoi, bien que l’unité n’ait été que formellement organisée l’autre jour, ils pouvaient déjà agir dans un tel unisson.

Le plus grand mystère était l’identité de Kagetora. La façon dont il avait commandé son unité comme si ces membres étaient ses propres bras et jambes. C’était presque comme s’il était un général-vétéran, mais y avait-il quelqu’un comme ça dans ce pays ? Qui pourrait-il être ? Personne ne connaissait sa véritable identité.

« ... Eh ! Souma, » Liscia demanda lentement. « Est-ce que Kagetora… »

« Personne ne connaît sa véritable identité. Compris ? » demandai-je.

« Ah, d’accord…, » répondit-elle.

Liscia avait l’air de ne pas savoir quoi dire, mais elle hocha la tête. J’avais immédiatement donné un ordre à Kagetora et aux Chats Noirs.

« Une fois que les corps des nobles auront été éliminés, contactez les unités de l’Armée Interdite qui sont à l’affût autour de leurs demeures. Ils doivent charger et sécuriser des preuves. S’il y a une résistance, supprimez-la. »

« À vos ordres, » répondit Kagetora.

Les Chats Noirs avaient immédiatement commencé à nettoyer les corps dès qu’ils entendirent l’ordre.

Kagetora regarda Liscia une dernière fois, puis quitta la grande salle. Une fois qu’ils étaient tous partis, Liscia m’avait regardé d’un air un peu sec.

« … Vous allez m’expliquer tout ça après, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« Oui. Je le sais déjà, » dis-je. « Mais je ne sais pas par où commencer... »

« Peut-être que vous pourriez commencer par expliquer pourquoi vous avez tué les nobles, » déclara Liscia.

« Eh bien, oui, ce serait votre première question…, » dis-je.

J’avais lentement commencé à expliquer mes raisons pour ce meurtre.

« Maintenant, quant à la raison pour laquelle ces douze personnes devaient mourir, ils étaient aussi connectés à Amidonia, » dis-je. « C’est quelque chose que Hakuya et Georg avaient confirmé à travers leurs enquêtes indépendantes. »

« Voulez-vous dire qu’ils étaient des espions pour Amidonia ? » demanda-t-elle.

J’avais hoché négativement ma tête. « Ce n’est pas tout à fait exact. J’ai dit “aussi”, n’est-ce pas ? Ils étaient connectés à Amidonia, aux nobles corrompus, et aussi à notre côté. »

« Hein !? Que voulez-vous dire par là… ? » demanda Liscia.

« Ils étaient des opportunistes, » dis-je. « Ils sont du côté de ceux qui gagnent. »

Ces nobles avaient toujours coopéré avec ceux qui étaient du côté des vainqueurs, afin d’éviter eux-mêmes les ennuis.

Quand le royaume avait été en déclin, ils avaient eu des connexions souterraines avec la Principauté d’Amidonia. Quand la guerre civile avait éclaté, ils avaient soutenu les nobles corrompus dans l’ombre, tout en restant eux-mêmes non impliqués. Ils avaient toujours fomenté le mécontentement tout en assurant comme ça leur propre sécurité. Ils avaient fait ça seulement en pensant à leur propre profit et à leur propre conservation.

« Ils ont profité en fournissant des fournitures et du personnel aux groupes de résistance, et si le camp gagnant était le vainqueur, ils écraseraient leurs alliés actuels pour gagner des acclamations pour eux-mêmes, » dis-je. « Si la suspicion se tournait vers eux, ils fomenteraient la rébellion ailleurs, de façon à empêcher l’enquête de les rattraper. Il semble qu’ils l’ont fait encore et encore sous le règne de votre père. »

Ayant appris ce qui se passait dans les coulisses pendant le règne de son père, Liscia était à court de mots. « Non... »

« Maintenant, ce qui les rendait dangereux, c’est qu’ils ne se sont jamais directement rebellés, » dis-je. « Quand l’avantage était de notre côté, ils agissaient presque comme des vassaux loyaux, il était donc difficile de les traduire en justice. C’est parce que quand les choses se passaient selon nos plans, ils faisaient leur travail. »

Après quelques secondes, je continuai à parler. « Plus un dirigeant est confiant dans sa capacité à maintenir le pouvoir, plus il a de patience, plus il veut faire confiance à ses vassaux, et plus il tombera dans un piège comme celui-là. Il penserait. “Si je peux construire une administration stable, ça devrait aller. Il n’y a pas besoin de réduire le nombre d’alliés que j’ai,”. »

« Mais... ne les avez-vous pas fait tuer ? » demanda Liscia.

« C’est parce que je ne vois pas mon règne être stable, » répondis-je. « En fait, je pense qu’un jour je serai peut-être obligé de rester au carrefour du destin. Quand ce moment viendra, je vous garantis que ces opportunistes m’auraient certainement blessé. Je ne veux pas que vous, ou Aisha, ou Juna, ou l’une des personnes qui m’est importante soit blessée, et puis j’aurais alors pensé : “Si seulement je m’étais occupé d’eux à l’époque”. Si cela arrivait, je deviendrais probablement fou. Voilà pourquoi, ici et maintenant, j’ai décidé d’étouffer tout ça dans l’œuf. »

Dans Le Prince de Machiavel, il avait dit ceci. « J’imagine qu’il peut être vrai que la fortune dispose de la moitié de nos actions, mais qu’elle en laisse à peu près l’autre moitié en notre pouvoir. »

Dans ce monde, l’ascension ou la chute d’une personne serait décidée selon que ses actions étaient adaptées à l’époque où elle vivait. Cependant, cela ne peut être jugé que par ceux qui viendront plus tard. Nobunaga Oda, Napoleon… Même s’ils étaient des génies en leur temps, une fois que les temps ne leur correspondront plus, ils seraient détruits.

Machiavel avait comparé la fortune à une rivière en furie.

Il avait dit que, si le changement soudain de la fortune ne pouvait pas être arrêté, si l’on se préparait à ce changement, son flux pouvait être rendu moins effréné et dangereux.

L’important était de ne pas être optimiste sur sa situation, mais d’être résolu et de faire ce qui devait être fait quand cela devait être fait.

À ce propos, Machiavel avait dit : « La fortune est femme. Pour la tenir soumise, il faut la traiter avec rudesse. Elle cède plutôt aux hommes qui usent de violence qu’à ceux qui agissent froidement ». Une façon d’annoncer qui contrarierait toute féministe qui l’aurait entendu. En mettant de côté son choix de mots, afin de m’assurer que les racines de la calamité ne sont pas restées, j’avais donné l’ordre d’abattre ces douze nobles ici.

Après qu’elle ait entendu mon explication, Liscia hocha lentement la tête. « Je comprends votre raisonnement, Souma. Que ferez-vous des Maisons de Saracen et de Jabana, celles que vous avez fait sortir ? »

« Permettez-moi d’expliquer cela, » déclara Hakuya s’avançant d’un pas. « Les Maisons de Saracen et de Jabana avaient travaillé aux côtés des douze autres sous leurs anciens chefs, mais cette connexion entre eux s’était rompue avec leur mort. L’actuel chef de la Maison des Saracen, Sire Piltory, est un beau jeune homme qui excelle à la fois avec la plume et l’épée, tandis que le chef de la Maison Jabana, Sire Owen, est un homme au sang chaud, sobre et honnête. On peut compter sur eux pour servir Sa Majesté sans duplicité. Je crois que vous pouviez voir cela de la façon dont ils ont agi tout en étant conduits hors de la grande salle. »

« … Donc, vous avez alors montré une certaine discrétion sur qui devait être exécutée, » déclara Liscia.

« C’est exact, » répondit Hakuya en hochant la tête. « Ceux qui ont été exécutés l’ont tous été pour une raison ou pour une autre. Maintenant, nous étudions leurs demeures dans la capitale, recueillant des preuves de ce que c’était pour chacun d’entre eux. La punition pour le crime et la découverte de la preuve sont dans le mauvais ordre, ce qui n’est guère louable, mais je vous demande de nous comprendre. »

Après avoir dit ça, Hakuya baissa la tête.

Il essayait probablement de me soutenir. En lui disant que je n’avais pas tué ces douze personnes sur ma seule suspicion, il essayait d’empêcher que cela fasse quelque chose d’étrange à ma relation avec Liscia.

Liscia semblait comprendre aussi cela, alors elle n’insista pas davantage. « D’accord. Je comprends pour ces douze, mais si les deux autres étaient d’accord avec vous, Souma ? Les auriez-vous aussi tués ? »

Hakuya secoua négativement la tête. « Dans ce cas, le plan était pour moi de les provoquer. Bien que, s’ils avaient tenté de gagner la faveur de Sa Majesté comme les douze autres Maisons, nous aurions eu peu d’utilité pour eux après ça. »

« Vous aviez pensé aussi loin…, » Liscia me regarda, scandalisée.

Non, ce genre de plan qui impliquait de lire les caprices du cœur des gens est les rayons de Hakuya, pensai-je. Je pense que je n’ai pas cette personnalité désagréable...

Me voyant détourner les yeux, Liscia laissa échapper un soupir de résignation. « Alors, qu’arrive-t-il maintenant à Carla et à son père ? »

« … J’arrive à ça, » j’avais marché pour me tenir devant un Castor enchaîné. Ayant vu tout ce qui venait de se dérouler, il avait l’air stupéfait. La lame qu’il s’attendait à tomber sur son cou était tombée sur celle d’un autre. Il n’était pas étonnant qu’il soit si perplexe.

« Castor Vargas, » dis-je. « Parce que vous avez refusé de tenir compte de mon ultimatum, vous êtes coupable de trahison. »

Castor inclina la tête. « … Je comprends. »

Puis il baissa la tête encore plus bas qu’avant, posant cette fois-ci son front contre le sol. « Voilà pourquoi, je vous en supplie. Ce crime est seulement de mon fait. Alors, s’il vous plaît, épargnez la vie de Carla. »

« Vous n’êtes pas celui qui décide de cela, » dis-je, froidement. « Ceci est votre jugement. Votre crime de trahison est évident… Cependant, comme Piltory et Owen l’ont dit plus tôt, je reconnais votre contribution à ce pays en l’ayant protégé pendant plus de cent ans. J’ai déjà pris votre poste, vos terres, vos biens et même votre nom de famille. Par conséquent, je vais épargner votre vie, et cela uniquement. »

Je m’étais tourné vers Excel, qui regardait silencieusement pour voir comment les choses se développaient.

« Castor sera laissé sous votre garde, » dis-je à Excel. « Cependant, il lui est interdit d’entrer dans l’ancien Duché de Vargas, et aussi interdit de contacter son fils Carl, ou la mère de son garçon, Accela. Excel, votre beau-fils est celui qui a fait tout ça, alors vous devrez le surveiller de près. »

« Ah ! … D’accord. Il sera fait selon vos ordres. » Il y avait des larmes dans les yeux d’Excel alors qu’elle effectuait une révérence.

Quand elle releva son visage, j’avais vu sa bouche prononcer les mots « Merci beaucoup, » vers moi. Je n’avais affiché aucune réaction, passant à Carla.

Même si son père avait été épargné, Carla portait encore une expression calme.

« Carla, » dis-je, « vous êtes coupable du même crime. De plus, vous n’avez pas le parcours distingué de Castor quant au fait d’avoir protégé le pays pendant cent ans. C’est triste à dire, mais je ne vois pas comment je pourrais diminuer votre punition. »

« … Je comprends, » répondit-elle rapidement.

« A -Attendez ! Tuez-moi à la place ! » s’exclama Castor, enfonçant presque son visage contre le sol en désespoir de cause. « Carla a levé sa lame sur vous à mes ordres ! Alors, laissez mes anciens faits d’armes être utilisé pour Carla... »

« Emmenez-le loin d’ici, » ordonnai-je.

Mes assistants l’avaient alors traîné hors de la pièce. Il avait continué à crier. « Je vais prendre sa place ! » jusqu’à ce qu’il soit sorti de la pièce, mais je n’étais pas obligé de l’écouter.

Une fois que les choses s’étaient calmées, j’avais continué. « Vous avez clairement commis le crime de trahison. Cependant, si je laissais le cerveau de ça, Castor, vivre, cela me ferait mal de tuer sa fille. Par conséquent, je vais épargner votre vie, mais vous allez vivre comme une esclave. Vos propriétaires seront la famille royale... c’est-à-dire Liscia et moi-même. »

La deuxième plus lourde punition dans ce monde était les travaux forcés en tant qu’esclave criminel. Il n’y avait pas de telle chose comme l’emprisonnement à vie. Ceux qui deviendraient des esclaves criminels, à moins d’être amnistiés, seraient forcés de faire un dur labeur sans fin dans des endroits comme les mines de charbon. Bien que, dans le cas de Carla, parce que j’avais choisi de donner sa propriété à la famille royale, elle ne serait pas obligée d’aller trimer jusqu’à sa mort dans les mines de charbon et elle sera gardée dans la maison royale comme servante qui devait être d’une soumission absolue.

« ... D’accord, » Carla avait accepté mon ordre, hochant faiblement la tête.

Excel était sur le point de dire quelque chose, mais elle s’abstint finalement de le faire. Elle devait avoir décidé qu’il valait mieux ça par rapport au fait qu’elle soit tuée. Hakuya ferma en silence les yeux, tandis qu’Aisha était agitée par l’atmosphère de la pièce. Et enfin, Liscia avait regardé ce que je ferais en silence, son expression étant restée immuable.

« Je vous donnerai d’autres indications plus tard, mais, pour l’instant, j’ai un ordre à vous donner, » dis-je.

« … Comme vous le souhaitez, » répondit-elle.

Je m’étais approché de Carla, qui penchait la tête, puis je m’étais accroupi à côté d’elle avant de murmurer un certain ordre pour qu’elle soit la seule à pouvoir l’entendre. Les yeux de Carla s’étaient écarquillées.

 

☆☆☆
<>
Traduit par la team : Novel de Glace