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Genjitsushugisha no Oukokukaizouki

Traduit par la team : Novel de Glace
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Meilleur constraste
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Tome 3 Chapitre 27 – Crime et Châtiment ③


Quand Souma murmura silencieusement l’ordre, je doutai de mes propres oreilles.

« … S’il en est ainsi, alors, tuez-moi, » m’avait murmuré Souma.

Quand il avait vu mes yeux s’élargir de surprise, Souma m’avait regardée avec un regard sérieux sur son visage. « Pas maintenant, bien sûr. Si je deviens un tyran, je veux que vous soyez celle qui m’arrêtera. Avec votre capacité martiale, ne pourriez-vous pas facilement me tuer ? »

Le tuer s’il devient un tyran… !? Pourquoi me disait-il ça si soudainement ? Me demandai-je.

J’avais gardé ma voix basse alors que je lui demandais ça. « Pourquoi diriez-vous ça ? Et pourquoi à moi, entre toutes les personnes vivantes ? »

« Parce que Liscia et les autres ne pourraient pas le faire, » Souma murmura, un sourire troublé présent. « À un moment donné, je me suis retrouvé entouré de nombreuses personnes dont je me souciais énormément. Tout récemment, je me suis fiancé à une autre personne en plus de Liscia. Je parle d’Aisha, qui est là-bas. »

Il s’est fiancé à cette elfe noire sans que j’en entende parler !? pensai-je, stupéfaite. Est-ce que Liscia l’a accepté ? Bien, connaissant sa personnalité, elle est probablement pragmatique à ce sujet...

« Eh bien… Félicitations ! » murmurai-je.

« Merci, » murmura-t-il en réponse. « Donc vous voyiez, j’ai de plus en plus de personnes qui m’importent. En soi, c’est une bonne chose, mais quand je pense à ce qui se passerait si, un jour, je devenais ivre de pouvoir et devenais un tyran… ça commence à me faire peur. Si cela arrivait, je me demande si Liscia et les autres pourraient m’arrêter comme ils le devraient. Comprenez-vous ça ? »

« Liscia vous arrêterait, » murmurai-je. « Vous connaissez bien sa personnalité collet monté. »

« Pourrait-elle vraiment le faire ? » rétorqua-t-il toujours en murmurant. « Bien sûr, si je commençais à me livrer à trop de débauche, ou si je commençais à massacrer les citadins, elle me réprimanderait pour ça. Mais si j’avais une bonne justification, tout comme je l’ai fait cette fois-ci, le ferait-elle vraiment ? Les purges individuelles ne sont pas vraiment un problème en elles-mêmes. Mais quand ils se produisent à plusieurs reprises, vous atteignez finalement un point de non-retour. Quand cela arrivera, Liscia et les autres pourront-ils m’abandonner ? »

C’est... Non, probablement pas, réalisai-je.

« Ce n’est pas à moi de le dire, mais… Liscia est amoureuse de vous, » murmurai-je. « Si vous tombez en enfer, je suis sûre qu’elle sera là à côté de vous. »

Liscia était une fille trop sérieuse et trop dévouée. Probablement, peu importe ce qui se passerait, elle suivrait Souma loyalement jusqu’à cette fin amère.

Souma hocha la tête. « Je le sais. Aisha ressent la même chose. Pensez-vous que Juna ferait peut-être pareil ? De toute façon, il y a beaucoup de personnes qui essaieront de souffrir à mes côtés. Je ne veux pas ça. S’il y avait une révolution en réponse à mon règne tyrannique, ce ne serait pas seulement moi qui serais exécuté, mais également Liscia et les autres personnes qui comptent pour moi. Je ne veux pas que Liscia et les autres finissent comme Marie Antoinette. »

Marie… qui ? pensai-je.

Alors que j’avais encore un point d’interrogation planant au-dessus de ma tête, Souma murmura avec un air sérieux. « C’est pourquoi, Carla, avant que ceux dont je me soucis puissent souffrir avec moi, je veux que vous preniez le rôle de mettre fin à tout ça. »

« … Je suis maintenant une esclave, » murmurai-je. « Vous devrez déjà savoir que si je tue mon maître, le collier va me tuer. »

« Oui, » murmura-t-il en retour. « Donc, s’il vous plaît, ne le faites que si vous êtes également prête à mourir. Et, si je parviens à remettre la couronne à la génération suivante, je vais vous libérer de tout ça. »

Cet homme... il dit les choses les plus incroyables comme si elles n’étaient rien pour lui, pensai-je, assommée devant tout ça.

Souma m’avait dit que s’il devenait un tyran, je devais devenir la lame qui le frapperait. Puis, après l’avoir tué, je devrais mourir. En me gardant à ses côtés comme son esclave, il espérait m’utiliser comme un moyen de dissuasion personnelle contre le fait qu’il devienne un tyran.

« Vous ne... montrez vraiment aucune pitié, » murmurai-je.

« Je m’efforce de faire tout ce qui est nécessaire pour ceux dont je me soucie, » murmura-t-il.

« Je pensais vis-à-vis de vous-même, » murmurai-je. « Bien que je suppose que le sens est toujours à l’envers. »

J’avais pensé la même chose dans la bataille avec Amidonia, mais cet homme se traitait beaucoup trop mal. S’il ne prenait pas mieux soin de lui-même, il allait causer beaucoup de soucis à ceux qui l’entouraient.

Liscia, tu es tombée amoureuse d’un homme vraiment pénible…, pensai-je pour moi même.

C’était vrai. Afin de protéger d’un avenir triste la vie amoureuse de ma meilleure amie, j’avais décidé d’agir comme son moyen de dissuasion.

Assise tout droit, je m’étais alors très largement inclinée. « J’ai entendu votre ordre. Jusqu’à ce que vienne le jour où je devrais agir, je vais travailler de mon mieux pour vous, en priant pour que ce jour n’arrive jamais. »

Souma hocha la tête de satisfaction face à ma réponse. « En ce moment, nous n’avons aucun travail destiné exclusivement à une esclave. Pour l’instant, vous rejoindrez le groupe des servantes. Mais… eh bien… Euh, vous obtiendrez les détails de la femme de chambre en chef par vous-même. »

Alors qu’il m’avait donné cet ordre, il avait semblé un peu hésitant vers la fin. Je me demandais ce qui se passait, alors j’avais suivi le regard de Souma pour voir une belle servante qui semblait avoir une vingtaine d’années et qui sourirait joyeusement.

Alors que je me demandai ce qui se passait avec elle, je réalisai que Liscia regardait dans ma direction, et qu’une expression de pitié absolue était présente sur son visage.

… Hein !?

***

Avec le procès de Castor et de mon amie Carla, Souma, Aisha et moi retournions au bureau des affaires gouvernementales quand soudainement, Souma trébucha devant nous.

« Souma ! » criai-je.

« Sire ! » cria Aisha.

Quand Aisha et moi avions essayé de le soutenir, Souma avait mis une main sur le mur. « Je vais bien. J’ai simplement trébuché, » répondit-il alors qu’il faisait un signe pour nous d’arrêter avec sa main libre.

« Mais…, » dis-je.

« Tout va bien, » dit-il. « J’aimerais être seul pendant un petit moment. »

Puis il était allé dans le bureau des affaires gouvernementales par lui-même.

De l’aperçu que j’avais eu de son visage de profil, il semblait pâle et malade. Laissée seule dans le couloir, j’avais entamé une conversation avec Aisha, qui avait également été laissée là et se tenait à mes côtés dans un état second.

« Il y a un instant, il était dans son état habituel, » dis-je. « Mais que pensez-vous qu’il lui est arrivé tout à coup ? »

« Je ne suis pas moi-même entièrement sûre de ça, » répondit Aisha. « Cependant... »

« Cependant ? » demandai-je.

« Il ressemblait à un soldat revenant de sa première bataille, » répondit-elle, affichant un air troublé. « Comme quelqu’un... qui venait de tuer pour la première fois. »

« Vous voulez dire par là qu’il se sent mal de la façon dont il a tué les douze nobles ? » demandai-je.

Mais Souma ne l’avait-il pas fait parce qu’il avait cru que c’était nécessaire ? Si c’est le cas, il n’avait rien à regretter. D’ailleurs, Souma avait connu sa première bataille dans la guerre avec la Principauté d’Amidonia. Il avait renversé le prince Gaius VIII d’Amidonia, et il avait fait exécuter les nobles corrompus après cela. Ce n’était pas une première pour lui.

Quand je lui avais souligné ça, Aisha hocha négativement la tête. « C’est de la pure spéculation de ma part, mais lorsqu’il l’a fait avec Gaius, c’était dans une situation de “tuer ou d’être tué”. Les nobles corrompus avaient clairement manifesté leur intention de se rebeller contre lui. Cependant, dans le cas de ces douze nobles, ils ne tentaient pas dans l’immédiat de nuire à Sa Majesté. Même s’il sait qu’il serait dangereux de les laisser en vie, il se demande quand même si c’était la bonne décision de les tuer. Dans son cœur, peut-être qu’il ne peut pas tout à fait accepter cela. »

Aisha regarda, inquiète, la porte du bureau des affaires gouvernementales.

Il ne peut pas accepter ça... Hmm…, pensai-je.

… Tout à fait. Je pensais que l’interprétation d’Aisha était correcte. J’avais entendu de la bouche même de Souma qu’il venait d’un monde paisible. Il n’y avait pas eu de guerres depuis quelque temps.

Parce qu’il était venu d’un monde comme ça, Souma détestait vraiment que des personnes meurent. Mais il n’était pas trop optimiste pour penser que tout pouvait être pris en charge sans sacrifices. Voilà pourquoi les politiques de Souma avaient toujours été axées sur la minimisation du sacrifice tout en maximisant le gain.

C’était un état d’esprit naturel pour le dirigeant d’une nation. Cependant, dans le propre cœur de Souma, il n’était pas si insensible qu’il pouvait accepter même ces sacrifices minimisés.

« Hé, Aisha, » dis-je. « Que faites-vous pour soutenir un soldat comme ça ? »

« Eh bien… Je n’ai jamais fait partie de l’armée, donc je ne suis pas experte en la matière. Mais j’entends souvent qu’il vaut mieux leur faire oublier ça, » répondit-elle.

« Leur faire oublier ça ? » répétai-je.

« J’entends par là que leurs officiers supérieurs et les soldats plus âgés les inviteront à boire du vin et que des femmes viendraient également pour les aider à se défouler, » répondit Aisha. « C’est le genre de chose que seul le temps peut guérir, donc ils les empêchent d’y penser trop profondément et de se briser. »

Du vin, ou l’autre chose... Hmm, pensai-je pour moi-même. Dans ce cas…

***

Le procès avait commencé à midi. Maintenant, c’était vraiment la nuit.

J’étais allongé seul dans mon lit. Le bureau des affaires gouvernementales était complètement noir avec toutes les lumières éteintes.

Il y avait beaucoup de travail pour moi. Mais, juste pour aujourd’hui, j’avais demandé à Hakuya de me laisser me dérober à mes devoirs. Je n’avais pas la volonté de faire quoi que ce soit. Hakuya l’avait compris. Je souhaitais vraiment pouvoir m’endormir. Mais, contrairement à cet espoir, j’étais toujours éveillé.

Si j’utilisais juste un peu ma tête, ça pourrait aider à m’endormir, alors j’avais décidé de réfléchir si l’exécution était justifiée ou non.

En l’examinant sur le long terme, je pensais que l’exécution des douze nobles avait été nécessaire. Si je les avais laissés en vie, et si quelqu’un avait été blessé par la graine de la calamité qu’ils sèmeraient, j’étais sûr que je l’aurais regretté. Mais, eh bien... maintenant, je tenais désespérément ma poitrine, essayant de ne pas regretter de les avoir tués.

« Toutes les cruautés doivent être menées d’un seul coup. »

« Un prince ne doit pas se préoccuper d’une réputation de cruauté. »

« Pour éviter la destruction, il vaut mieux choisir de se battre. »

« Quand le moment de votre décès arrive, il est trop tard pour les regrets. »

J’avais sans cesse retourné dans ma tête les idées de Machiavel. Mais tout ce que je faisais était à la recherche d’une excuse.

Si je devais regretter quelque chose, je préférais que j’aie choisi un chemin qui ne blessait pas ceux dont je me souciais le plus. Je pensais m’en être convaincu avant de prendre la décision, et je me sentais mal à l’aise d’avoir encore hésité malgré cela.

Pendant que je réfléchissais à ça, la porte s’ouvrit soudainement. J’avais simplement bougé la tête pour vérifier, et Liscia et Aisha se tenaient là devant moi.

Dans un vêtement plutôt provocateur...

« Hein !? » J’avais réagi sous le choc.

Elles portaient toutes les deux ce qui ressemblait à de minces robes de chambre qui descendaient à peine là où cela masquerait un hypothétique sous vêtement.

Peut-être qu’elles ne portaient rien sous les robes, parce que le décolleté qui se dégageait de l’endroit où les deux parties de la robe se rencontraient, ainsi que les cuisses nues qui sortaient de dessous... tout cela était terriblement captivant. Dans la lumière qui venait du couloir au-delà de la porte ouverte, les courbes de leurs silhouettes étaient accentuées d’une manière provocatrice. Cela faisait ressortir la taille d’Aisha et sa silhouette galbée, tandis que le corps bien équilibré de Liscia était également magnifique.

C’était peut-être un peu trop pour moi d’encaisser tout ça à la fois, mais je les avais regardées pendant un moment, ravi du spectacle.

… Honnêtement, si je n’avais pas été si déprimé à ce moment-là, toute la raison aurait probablement disparu par la fenêtre en un instant. Cependant, dans mon état d’esprit actuel, tout semblait plus comme une mauvaise blague.

« … Qu’est ce que vous croyez faire là ? » demandai-je.

Mon ton était si effrayant que je m’en étais moi-même étonné. Non, ce n’était pas ce que j’aurais dû dire, et je le savais bien. C’était comme si je relâchais ma frustration sur elles.

J’avais gardé mon ton aussi calme que possible et je m’étais corrigé. « Je croyais vous avoir demandé de me donner du temps pour moi. »

« Nous ne pouvons pas vous laisser seul quand vous êtes comme ça. Pouvons-nous maintenant venir ? » Liscia avait rejeté mes objections alors qu’elle venait vers moi avant de s’asseoir sur le bord du lit où j’étais couché.

Aisha avait également dit. « P-Pardonnez moi pour l’intrusion, » et après ça, elle était venue de l’autre côté de Liscia avant de s’asseoir poliment à côté de moi.

Si j’avais tourné ma tête à gauche ou à droite, il y avait chaque fois les fesses d’une belle fille. Je ne pouvais que couvrir mes yeux avec un bras, regardant droit devant moi. « Qu’est-ce que c’est... ? Qu’est-ce que vous voulez vous deux... ? »

« C’est… Eh bien... vous pourriez dire que nous voulons vous aider à oublier…, » répondit Liscia.

« Pardon ? » demandai-je, totalement abasourdi.

« En tout cas ! Vous pouvez faire ce que vous voulez avec nous ! » s’écria Liscia.

« C-Comme c’est la première fois que je fais une telle chose, alors je compte sur vous, Votre Majesté !! » cria Aisha.

« Vous pouvez faire ce que vous voulez avec nous »… « Je compte sur vous » que disent ces deux-là ? pensai-je.

« Écoutez… Je ne suis pas d’humeur pour le moment, » dis-je.

« Ohh, si seulement nous avions eu Mademoiselle Juna ici avec nous, » déclara une Aisha déçue.

Non, en ce moment, Juna est en train de s’occuper de la procédure de transfert de la Marine, compris ? soupirai-je… Oh, peu importe. Je suis sûr qu’elles le font parce qu’elles sont inquiètes.

Pendant que je pensais ça, Liscia avait commencé à gigoter. « Hmm, Souma... »

« Quoi ? » demandai-je.

« Il fait un peu froid ici, alors pour l’instant, ne peut-on pas vous rejoindre sous les couvertures ? » demanda Liscia.

Elle tremblait donc, euh… Eh bien, c’est normal. Car après tout, nous sommes presque en hiver. Elles doivent avoir froid dans ces tenues, pensai-je.

Avant que je puisse dire. Ce ne serait pas un problème si vous vous étiez habillée correctement, les deux filles s’étaient précipitées sous mes couvertures. Il s’agissait d’un lit simple, ce qui en faisait que nous avions à peine la place pour trois personnes. Et donc, inévitablement, les deux arrivantes s’étaient retrouvées collées contre moi. C’était assez proche pour que je puisse sentir leurs cœurs battre.

« Wôw, » déclara Liscia. « C’est agréable et chaud, Hmm... »

« Effectivement, » dit Aisha. « Je pourrais facilement m’endormir comme ça. »

« Toutefois, vous savez, ceci est ma chambre et mon bureau, » je ne pouvais que faire un sourire ironique en réponse à leurs commentaires. Cependant... Eh bien… c’était effectivement vraiment chaud.

Mes soucis d’avant semblaient fondre. Voilà à quel point la chaleur des autres filles était importante. En ayant simplement quelqu’un à côté de moi, mon cœur s’était senti plus léger.

Je pouvais me rappeler que je les protégeais et que je voulais les protéger.

« Vous deux, » dis-je.

« Hm !? » dit Liscia.

« Quoi ? » demanda Aisha.

« Merci beaucoup, » dis-je.

Au moment où j’avais dit ça, elles avaient toutes les deux souri alors qu’elles étaient placées de chaque côté de moi.

Puis, peut-être parce que nous étions tous fatigués, nous nous étions tous les trois endormis.

 

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