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Yobidasareta Satsurikusha

Traduit par la team : Blastaf
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Meilleur constraste
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Tome 11 Chapitre 85 – L'œil du tigre


Placée la tête en bas sur le dos du cheval, Helen reprit ses esprits sous l’action d’un lent balancement.

Voyant passer devant ses yeux le sol, ses oreilles de lapin se mirent à trembler et elle se réveilla petit à petit.

« E….Eh ? » (Helen)

 Est-ce à force d’être resté trop longtemps dans la même position ? Son ventre lui faisait mal, à force d’être constamment frappé par la selle.

Lorsqu’elle leva la tête et regarda à côté d’elle, elle aperçut un humain ainsi que Reni, marchant côte à côte de l’autre côté du cheval.

Surprise, elle tomba du cheval.

« Re-Reni !? » (Helen)

« Ah ! Tu es enfin réveillée Helen ! » (Reni)

Enlacée par Reni qui venait de se jeter sur elle avec un sourire rayonnant, Helen foudroya Hifumi du regard.

« Où nous emmènes-tu !? » (Helen)

« Aucune idée. Je ne fais que suivre ton amie. » (Hifumi)

Après qu’Hifumi ait tranquillement répondu puis pointé Reni du doigt, Helen tourna la tête vers son amie.

« Hifumi-san dit vrai. Il a accepté de te transporter alors que tu étais inconsciente, Helen. » (Reni)

« Hifumi ? » (Helen)

« C’est mon nom. D’ailleurs, vous pouvez rentrer chez vous maintenant que tu as repris connaissance. Ainsi, c’est ici que nos chemins se séparent. » (Hifumi)

« Oui, merci pour tout. » (Reni)

Reni se pencha poliment en avant pour remercier Hifumi. Helen, ne comprenant pas la situation, préférait rester prudente auprès d’Hifumi.

« J’ai entendu largement assez d’histoires sur le chemin », Hifumi offrit plusieurs gâteaux supplémentaires à Reni puis monta sur son cheval.

« Ah, et pendant que j’y pense, dites-moi encore deux choses. » (Hifumi)

« Quoi ? » (Reni)

« Savez-vous où se trouve le village des homme-tigres qui m’ont attaqués plus tôt ? » (Hifumi)

Reni et Helen se regardèrent l’une et l’autre en entendant la question d’Hifumi.

« H-Hey, toi ! Ne t’emporte pas après avoir vaincu deux ou trois d’entre eux. Même s’il s’agit d’un simple village, ils sont plusieurs dizaines là-bas. Même si tu es déjà assez étrange comme ça, à vouloir traverser les terres désolées seul, essayes-tu de mourir !? » (Helen)

Hifumi écouta nonchalamment la plainte d’Helen.

« Tout à fait. Ou pour être plus précis, je cherche une personne capable de me tuer. » (Hifumi)

Helen fut abasourdie par les paroles d’Hifumi.

Toutefois, Reni s’avança d’un pas décidé.

« Je sais où il se trouve. » (Reni)

« Reni !? » (Helen)

« Depuis l’endroit où sont apparus les trois homme-bêtes, dirige-toi toujours au nord-est. Le village est situé tout près d’une large source d’eau. » (Reni)

Voyant Hifumi acquiescer joyeusement, Reni se mit à rire.

« Pourquoi est-ce que tu lui as dit ? » (Helen)

« Hifumi-san est probablement bien, bien plus fort que les homme-bêtes. Papa me l’a dit. Les personnes fortes sont toujours très gentilles. » (Reni)

« C’est pourquoi, Hifumi-san, qui m’a gentiment donné des gâteaux délicieux, devrait être assez fort pour ne perdre face à personne. » Voyant l’innocente Reni sourire joyeusement, Helen baissa les épaule en un signe d’abandon.

« Je suppose qu’on n’y peut rien… Toi, n’hésite pas à fuir si tu es blessé. Puisque nous avons l’habitude de récolter des fruits et herbes médicinales dans les parages, nous pourrons au moins guérir tes blessures en remerciement. » (Helen)

« Bien, merci pour tout. Mais j’ai une deuxième question. » (Hifumi)

« Laquelle ? » Reni pencha la tête sur le côté.

« Existe-t-il quelque chose de délicieux à manger, qui n’existe que dans ces terres désolées ? » (Hifumi)

Est-ce que cet homme est un touriste ? Helen ne parvint même pas à exprimer à voix haute sa surprise.

 

Sortant des bois, Hifumi se dirigea vers la direction indiquée par Reni.

Il passa à côté des restes des homme-tigres. L’œuvre d’animaux ? Les cadavres étaient cruellement exposés, à moitié dévorés.

« Hmm, je vois. Heureusement que mes deux objectifs actuels se trouvent au même endroit. » (Hifumi)

Tapotant sur le katana accroché à sa hanche, il chevauchait sa monture de bonne humeur.

Cette ‘’chose délicieuse’’ décrite par Reni était un fruit poussant sur un arbre caractérisé par son apparence de lierres entrelacés. Ce fruit n’étais pas particulièrement sucré, mais libérait dans la bouche une saveur rafraichissante dès la première bouchée.

Pas seulement Reni, même Helen, ayant écoutée son amie parler, s’était mise à baver en pensant au fruit. Il ne s’agissait donc probablement pas d’un mensonge.

Toutefois, depuis plusieurs années, les alentours du point d’eau où poussait cet arbre étaient occupés par les homme-tigres. Les tribus des moutons et lapins, raffolant de ce fruit, ne pouvaient qu’abandonner.

 Puisque l’occasion est parfaite, je vais pouvoir goûter à ce fruit après avoir rencontré les homme-tigres. Hifumi avait totalement ignoré Helen, qui avait essayé de l’arrêter.

Entrant de nouveau dans les bois, le soleil commença à se coucher. Puisque le cheval commençait à montrer des signes de fatigue, Hifumi, après avoir découvert un arbre étonnamment large, décida de passer une nuit blanche ici.

Après être descendu de sa monture et avoir attaché les reines à un arbre plus petit, Hifumi donna à son cheval du fourrage et de l’eau, puis se remplit les joues de trois gâteaux sucrés et d’eau.

Ces gâteaux étaient fabriqués manuellement par Caim. Caim était un homme possédant un niveau étonnamment élevé de féminité, ses passions principales étant la cuisine et le ménage, mais il extériorisait apparemment son stress en créant des sucreries. S’il travaillait avec ces personnes ne respectant pas à la lettre les régulations, il amassait du stress. Apparemment, il produisait ensuite de larges quantités de pâtisseries en calculant précisément la quantité requise. Hifumi avait appris cela auprès des autres officiers civils.

Si, en entrant dans le bureau de Caim, une puissante odeur sucrée régnait, cela signifiait que Caim était de mauvaise humeur.

Lorsqu’Hifumi, pensant que ces pâtisseries faisaient de parfaits en-cas, avait demandé à Caim de lui en préparer pour son voyage, celui-ci lui en avait préparé une quantité immense, facilement capable d’alimenter toute une boutique pendant un certain temps. La quantité était telle, qu’Hifumi n’avait pas l’impression que les pâtisseries allaient diminuer, même s’il les offrait à gauche et à droite.

« Cet endroit me servira de lit, eh ? » (Hifumi)

Hifumi se coucha sur une couverture posée au sol. Son oreiller était une branche sortant du sol et possédant une forme parfaite. Même s’il se retourna plusieurs fois, il fallait que l’endroit ne soit pas trop confortable, étant donné que dormir représentait ici un danger mortel.

Touchant son katana de sa main gauche, Hifumi ferma calmement les yeux.

 

Ce ne fut que par coïncidence que l’homme-chat, Jaredo, remarqua la présence d’Hifumi.

Il était rare qu’un humain soit trouvé dans les terres désolées, surtout dans cette zone loin de toute habitation humaine. Sans oublier que celui-ci était seul.

Au départ, il s’agissait d’une simple curiosité, mais à force de le suivre, Jaredo s’était demandé s’il s’agissait d’un moyen parfait pour devenir rapidement riche. Tout cela était dû à sa cupidité naturelle.

Même s’il s’agissait de cupidité à l’œuvre, les homme-bêtes, se procurant de la nourriture en chassant et cueillant, n’étaient intéressés que par les choses délicieuses et la production de vêtements solides. Aucune monnaie n’existait ici.

Toutefois, Jaredo avait l’étrange habitude de collecter les objets rares depuis sa naissance.

Sa maison, dans laquelle il retournait peu, était remplie d’ outils inconnus volés sur des cadavres et d’objets perdus par des humains, au point qu’il était difficile de faire un pas sans marcher sur un trésor.

C’est la première fois que je vois une telle arme.

Présent en raison de sa simple curiosité, le regard de Jaredo était attiré par le katana. Il avait décidé de le prendre pendant que l’humain dormait.

Et maintenant, cette occasion se présentait enfin.

Au cœur des bois, dans la pénombre, la lueur de la lune était cachée derrière des nuages. Même pour Jaredo, qui possédait la capacité de voir dans le noir, les formes pouvaient à peine être perçues.

Ne te réveille pas si tu tiens à ta vie.

La force de Jaredo en tant qu’home-bête était basse, mais il avait confiance en sa vitesse et sa force face à un humain. De plus, il faisait partie d’une minorité d’homme-bêtes n’hésitant pas à utiliser des armes.

Ainsi, il tenait actuellement un couteau en os en cas d’imprévu. Son objectif était de le remplacer par l’arme de l’humain.

Mais il risquait de recevoir des blessures si l’humain se mettait à se débattre.

Il préférait donc s’approcher et voler discrètement l’objet.

Jaredo, s’approchant lentement sans faire le moindre bruit, changea de position et regarda prudemment tout autour de lui. Il vérifiait s’il n’y avait pas d’autre humain ou homme-bête dans les parages.

Cet endroit est tout près du village des homme-tigres après tout. Je risque d’avoir des problèmes s’ils me trouvent.

Lorsqu’il tendit la main en direction du katana, il vit brièvement le visage de l’humain se trouvant près de son pied.

Leurs regards se rencontrèrent.

 

Tôt le matin suivant, un homme-chat arriva dans le refuge des homme-tigres. Il titubait et son bras droit pendait sans vie, son corps recouvert de blessures.

« Ai-dez-m… » (Jaredo)

Forcément, la confusion envahit le village lorsque l’homme-chat, Jaredo, s’accrocha au premier homme-tigre qu’il trouva et le supplia de l’aider.

Même s’il y avait des interactions entre les homme-chats et les homme-tigres, cela ne voulait pas dire qu’ils étaient prêts à s’aider mutuellement. Au contraire, les homme-tigres haïssaient les homme-chats, et en cas de rencontre, il arrivait qu’ils kidnappent leurs femmes et torturent à mort leurs hommes.

« Qu’y a-t-il ? Quelqu’un lui a donné une bonne leçon ? »

Pensant que les blessures de Jaredo avaient été causées par l’un de ses compagnons, l’homme auquel Jaredo s’était accroché s’adressa à ses semblables, mais tous répondirent qu’ils ne savaient pas.

« Ne s’agit-il pas de l’œuvre du groupe de Gafan ? Ils ne sont toujours pas revenus après tout. »

Lorsque l’un de ces camarades émit une hypothèse tout à fait valable, l’homme-tigre donna un puissant coup de pied à Jaredo.

« Hiiii…c-c’est différent ! Un humain est… un humain est…. » (Jaredo)

Face aux exclamations confuses de Jaredo, aucun homme-tigre ne le prit au sérieux et tous se mirent à se moquer de lui.

« Aucun humain ne peut venir aussi profondément dans les terres désolées. »

« Ce n’est pas tout à fait vrai. »

Hifumi, venant d’apparaitre après être sorti d’un buisson, prit une large respiration et s’exclama ‘’J’y suis enfin arrivé, huh ?’’.

Voyant Hifumi apparaitre et retirer tranquillement les brindilles colées à son hakama, Jaredo laissa échapper un cri terrifié.

« Un humain est vraiment apparu. »

« Toutefois, tu n’aurais pas dû. Cet endroit est à nous, c’est le territoire des homme-tigres. Cela fait longtemps que nous n’avons pas rencontré un petit jouet, alors évite de mourir trop rapidement. »

Tous les mâles de la tribu venant d’arriver étaient musclés et deux fois plus larges qu’Hifumi.

De plus, les femmes étaient nombreuses et souhaitaient apparemment se battre elles aussi. Leurs bras longs et fins et leurs griffes aiguisées étaient incomparables à ceux des mâles.

Pourtant, Hifumi, sans la moindre inquiétude, marcha lentement vers Jaredo.

« A-Aaaaaaah… » (Jaredo)

Jaredo, dont la voix ne pouvait maintenant que trembler, tomba sur ses fesses en reculant, mais Hifumi arriva devant lui en un clin d’œil.

« Tu as oublié quelque chose. » (Hifumi)

D’un bruit sec, il enfonça le couteau en os dans le front de Jaredo.

Celui-ci convulsa légèrement, ses yeux se révulsant dans ses orbites, et il mourut rapidement.

« Bien, c’est fait. » (Hifumi)

Confirmant la mot de Jaredo, Hifumi se tourna vers l’homme-tigre le plus proche.

« Où se trouve la source d’eau ? Y-a-t-il bien des fruits délicieux là-bas ? » (Hifumi)

« Haa ? »

« Tu es sourd ? Je demande la position de la source d’eau. » (Hifumi)

Arrivant difficilement à supporter le comportement idiot d’Hifumi, les homme-tigres l’encerclèrent rapidement.

« Oh, mais vous êtes plutôt agiles. Comment s’appelait-il déjà ? Gafan ? Vous êtes bien plus rapides que lui. » (Hifumi)

Lorsqu’Hifumi leur demanda ‘’Essayez de résister un peu plus longtemps que les autres’’, les homme-tigres devinrent fou de rage.

« Ferme-la ! »

Lorsque l’un d’eux attaqua en assénant un puissant coup de griffe, Hifumi frappa légèrement son poignet, puis forma un poing en laissant protubérer les joints de son majeur et de son index.

« Uaah ? »

Hifumi frappa le visage sans défense de l’homme-bête, puis agrippa la fourrure de sa tête et de son cou.

« Tu vois, c’est facile à attraper. » (Hifumi)

Mêlé au rire d’Hifumi, un bruit de fourrure arrachée et d’os brisés résonna. Puis, Hifumi tordit le cou de l’homme-bête et le brisa.

Sans même pouvoir prononcer le moindre bruit, l’homme mourut et s’écroula au sol.

« U-Un h-humain vient de….. »

Ayant sous-estimé leur adversaire puisqu’il était humain, les homme-bêtes furent abasourdis en voyant leur compagnon mourir face à un adversaire sans arme.

« S-Simple coïncidence ! »

« En quoi était-ce une coïncidence ? » (Hifumi)

Un autre homme-bête lui bondit dessus en rugissant. Hifumi lança le contrepoids du kusarigama, qui s’enroula autour de ses pieds et le força à retomber violemment sur le sol.

L’homme-bête, tombé sur le flanc, s’évanouit de douleur, puis fut tiré jusqu’à Hifumi qui lui coupa la gorge avec sa faux.

« Agissez après avoir réfléchi un minimum. » (Hifumi)

Hifumi commençait à s’ennuyer lorsque tout à coup, une ouverture apparut dans l’encerclement.

« Tu n’as pas l’air d’être un humain normal. »

Les homme-bêtes laissèrent passer un mâle au physique bien plus imposant que les autres homme-tigres. Celui-ci s’approcha d’Hifumi.

« Tu es le chef de cet endroit ? » (Hifumi)

« Tout à fait. On dirait que tu as fait ce qui te plaisait depuis ce matin. »

Lorsque le chef de la tribu des tigres vit les trois cadavres couchés au sol, il menaça Hifumi en montrant ses crocs.

« Qu’y a-t-il de si amusant à montrer tes crocs ? Même si tu affirmes être la personne en charge ici, tu n’as aucune éducation. » (Hifumi)

« Éducation ? »

« Humph », une expression de dédain apparut sur le visage du chef.

« Vous les humains, vous êtes différents de nous. Nous tuons les personnes que nous considérons comme nos ennemis. Discuter ne fait pas partie de… »

« Non, je ne parlais pas de ça. » (Hifumi)

Interrompant le discours du chef, Hifumi croisa les bras et sa bouche forma un へ.

« Il n’y a pas d’injustice ou de damnation au combat. Tu affirmes tuer immédiatement tes ennemis. C’est une bonne chose. Une très bonne chose. » (Hifumi)

« Mais », Hifumi pointa du doigt le cadavre d’un homme-bête.

« Pourquoi ne savez-vous utiliser que vos griffes !? Est-ce que ces crocs sont une simple décoration !? Ne pourrie-vous pas briser facilement des os avec votre puissante mâchoire !? Si vous êtes des tigres, vous devriez vous déplacer à toute vitesse avant d’attaquer au moment opportun ! N’êtes-vous qu’une bande d’idiots lents !? » (Hifumi)

Les homme-tigre furent abasourdis par l’excès soudain de colère d’Hifumi.

« Je suis venu dans ces terres désolées en me demandant s’il existait des individus plus puissantes que les humains. Et au final, je rencontre des tigres idiots, un chat voleur et un mouton et un lapin incapables de se battre ! Vous vous fichez de moi !? » (Hifumi)

Après qu’Hifumi ait dit tout ce qu’il avait à dire, le chef des tigres se mit à trembler puis rugit.

« Les humains n’aboient pas ! »

Tout à coup, Hifumi reçut une attaque incomparable en termes de vitesse aux précédentes attaques.

Il l’esquiva en baissant simplement la tête, mais plusieurs de ses mèches de cheveux furent coupées.

« Ooh… » (Hifumi)

Entendant la surprise dans la voix d’Hifumi, le chef se mit à sourire.

« Tu as réussi à esquiver, eh ? Mais la prochaine… »

« Tu vois, tu y arrives quand tu essayes. » (Hifumi)

Hifumi, un large sourire radieux sur le visage, rangea son kusarigama et prit son katana.

En présence du chef maintenant sur ses gardes suite à la réaction inattendue, Hifumi décidait enfin d’utiliser son katana.

Inhalant profondément par le nez, il expira lentement par la bouche.

« Bien ! Et si nous commencions !? » (Hifumi)

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