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Yobidasareta Satsurikusha

Traduit par la team : Blastaf
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Meilleur constraste
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Tome 10 Chapitre 88 – D'une façon ou d'une autre


« J’espère que vous êtes en bonne santé, Votre Majesté la Reine. » (Origa)

« Vous n’avez pas besoin d’être aussi formelle, Origa-san. » (Imeraria)

La robe d’Origa, venue au château accompagnée de plusieurs chambellans, était différente de celle portée aux côtés d’Hifumi. Elle ressemblait aux robes portées par les femmes de la noblesse. Celle-ci était bleue, révélant une partie des bras, et taillée cousue dans un tissu de très haute qualité.

Tenant son éventail en fer dans une main, Origa, la tête haute et irradiant une atmosphère gracieuse, était le centre d’attention, même au sein du château royal.

Plus tôt, un noble avait essayé de complimenter sa beauté, mais était rapidement devenu pâle de terreur après que l’un de ses collègues l’ait informé de son statut.

Et actuellement, elle tenait une réunion avec la Reine Imeraria dans le bureau de cette dernière.

Normalement, Origa, qui n’était qu’une simple roturière ayant épousé un noble, n’avait pas le droit d’être présente dans une telle situation. Mais puisque son époux était tout à fait spécial, et que la raison de sa venue était inconnue, une réunion prévue avait été organisé, plutôt qu’une audience formelle durant laquelle les autres nobles auraient pu la rencontrer.

« Tout d’abord, félicitations pour votre mariage. Vous êtes-vous habitué à la vie de noble ? Vous étiez autrefois une aventurière, alors votre environnement a probablement changé. » (Imeraria)

« Voyons… Puisqu’à Fokalore, il n’y a pas une grande différence entre le peuple et la noblesse, je n’ai pas l’impression que mon environnement ait vraiment changé. Il est simplement plus difficile de m’approcher de mon époux maintenant. » (Origa)

« Ara. Actuellement, Hifumi-sama est le seul noble profitant d’une telle célébrité et dirigeant le vaste territoire d’Orsongrande. Il est important qu’il s’entoure d’excellent personnel. » (Imeraria)

« Tout à fait, n’est-ce pas ? Puisque je dois gérer de nombreuses femmes se permettant de me déranger comme si elles étaient des belles-sœurs, il est essentiel que je m’entoure d’une certaine quantité de personnel. Si je devais m’occuper seul de tout le monde, mes nerfs ne tiendraient pas bien longtemps. » (Origa)

Origa essayait délibérément de garder Imeraria à distance. Même si Imeraria essayait de se montrer amicale et aidante, Origa la reconnaissait comme la femme la plus intime avec Hifumi, à l’exception d’elle-même bien sûr. Ainsi, de nombreux mots blessants et sous-entendus étaient dirigés vers Imeraria, souvent même par mégarde. Origa était consciente de sa propre anxiété, et se demandait si elle était véritablement une bonne femme, toutefois, elle ne savait pas si cette anxiété était en rapport avec ‘’cette personnelle appelée Hifumi’’ ou les ‘’noble locaux’’.

Après un échange verbal acéré, les deux femmes profitèrent enfin du thé noir.

Puisqu’Origa et Imeraria souriaient, la situation pouvait ressembler à une harmonieuse réunion autour d’un thé aux yeux d’un observateur extérieur.

Mais le Premier Ministre Adol, présent lui aussi, n’arrivait absolument pas à savourer le thé noir qu’il buvait, ayant l’impression que son estomac était transpercé de toutes parts par de multiples inquiétudes.

« A-Alors, Mme Tohno, vous avez demandé dans votre message à voir Imeraria-sama, mais vous avez aussi appuyé la nécessité de ma présence. Puis-je connaitre la raison de votre visite ? » (Adol)

Souhaitant partir le plus rapidement possible de cet endroit, Adol coupa court en attaquant directement le cœur du problème.

« …Adol-sama, il semble que récemment, vous ayez mené de nombreuses recherches dans votre salle de référence. » (Origa

« Qu-Que… » (Adol)

« Puisque j’ai supervisé moi-même l’enquête, vous n’avez pas besoin de mentir… Apparemment, vous cherchez des documents sur une ancienne magie, je me trompe ? Pourquoi donc ? » (Origa)

Tandis qu’Origa discutait indifféremment, Adol était couvert de sueur. Serrant avec force les poings posés sur ses genoux, il se torturait le cerveau pour trouver une bonne excuse, mais puisque rien ne lui venait à l’esprit, il ne pouvait que paniquer davantage.

« Premier Ministre, vous… » (Imeraria)

Même Imeraria trouvait sa réaction suspicieuse.

« Je savais que vous enquêtiez sur quelque chose. Vous paraissiez plus occupé et troublé que d’habitude. Je le sais, puisque j’ai l’habitude de faire appel à votre savoir et votre expérience. Mais pourquoi enquêter sur une ancienne magie ? J’ai pourtant entendu dire que vous n’étiez pas capable d’utiliser la magie ? » (Imeraria)

Maintenant que les questions venaient même d’Imeraria, Adol, ayant une idée, parla d’un ‘’sort de retour’’ qui permettrait à Hifumi de rentrer dans son monde.

Étant donné qu’il avait été prouvé qu’Hifumi possédait un puissant pouvoir militaire difficile à contrer, même en utilisant des attaques surprises ou un grand nombre, il considérait de proposer ce sort comme une forme d’excuse. Voilà comment le premier ministre décida d’expliquer ses propres plans.

« Renvoyer Hifumi-sama dans son monde… est-ce vraiment possible ? » (Imeraria)

 Lorsqu’elle apprit qu’il s’agissait d’une forme d’excuse, Imeraria parut joyeuse, mais se demanda tout de suite après si une telle chose était vraiment possible actuellement.

Adol, lui aussi inquiet concernant un certain point, dévoila un problème dans ses recherches.

« …En fait, j’ai découvert des traces d’une telle magie. Mais puisque de nombreux passages sont incompréhensibles pour un non-magicien, je ne sais pas si son analyse va pouvoir continuer. » (Adol)

« Vraiment ? Dans ce cas laissez-moi vous aider. Même s’il y a de nombreuses choses à prendre en compte avec Hifumi, il vaut mieux qu’il rentre chez lui… » (Imeraria)

Tout à coup, Imeraria sursauta en repensant à Origa qui était présente.

Puisqu’elle connaissait l’amour fanatique que celle-ci portait envers Hifumi, elle se rendit rapidement compte que ses remarques risquaient de mettre Origa en colère.

Toutefois, un sourire était toujours présent sur le visage d’Origa.

« Origa-san, c’est que… » (Imeraria)

« Je peux vous aider. » (Origa)

Voyant la panique dans la réaction d’Imeraria, Origa déclara,

« Sauvant Orsongrande, le héros venu d’un autre monde, ayant réussi à faire évoluer le combat mais aussi l’artisanat et l’administration de ce monde, remplit son devoir et retourne dans son monde… Un splendide conte épique n’est-ce pas ? » (Origa)

« Es-Est-ce que tu es d’accord avec ça. » (Imeraria)

A la question d’Imeraria, Origa répondit simplement ‘’Bien sûr’’ en sirotant son thé noir.

« Hifumi-sama, mon époux, n’est pas une infime existence pouvant simplement se satisfaire de ce seul monde. Puisque je suis aussi capable de maitriser la magie, je vous aiderai dans vos recherches. Toutefois… » (Origa)

Imeraria, posant sa tasse, tourna son regard vers Adol.

« Si vous osez feindre le retour d’Hifumi-sama et que vous avez en vérité quelque chose d’autre à l’esprit, Fokalore annoncera immédiatement son indépendance, et entrera en guerre contre Orsongrande. » (Origa)

« C-Ces paroles peuvent être interprétées comme une menace directe envers Sa Majesté la Reine ! Peu importe la puissance des soldats de Fokalore, combattre les soldats de la nation toute entière est… » (Adol)

« Nous n’avons pas besoin de faire face aux soldats. Nous pouvons simplement nous débarrasser des personnes importantes occupant ce château. » (Origa)

« Mais, Hifumi-sama est… » (Imeraria)

« Votre Majesté, le fait que vous vous adressiez à mon époux avec une telle familiarité m’est peu agréable. » (Origa)

« N’est-ce pas une simple excuse pour m’interrompre ?! » Finalement, même Imeraria commença à perdre patience.

« Hifumi-sama ne nous attaquera pas si nous ne nous opposons pas à lui. Veuillez donc coopérer avec nous. Alors, Origa-san, pourquoi devriez-vous nous venir en aide concernant ce sort ancien ? » (Imeraria)

Imeraria décidant délibérément de garder sa façon de parler d’Hifumi, Origa ouvrit grand les yeux. Les sentiments d’Imeraria pour Hifumi sont peut-être plus solides que je ne le pensais, en conséquence, Origa augmenta dans son esprit le rang d’Imeraria en tant que cible de sa méfiance.

« Mon désir est celui de rester avec lui, même lorsqu’il quittera ce monde. Ainsi, je suis prête à vous aider à le renvoyer dans son monde. » (Origa)

« Hey, je serai probablement utile. », rajouta Origa.

 

« J’aimerai bien essayer de voir un pays humain. » (Reni)

S’exclama tout à coup Reni en plein petit-déjeuner.

« Qu-Qu’est-ce que tu racontes ? » (Helen)

Helen, grignotant un bodan en dessert, fut surprise et cracha le jus du fruit rouge.

Hifumi écoutait quant à lui tranquillement leur discussion.

« Dans l’histoire que nous a raconté Hifumi-san hier, les humains n’étaient pas seulement des personnes faisant la guerre. Je me demande donc s’il existe des personnes menant des vies différentes. De plus, nous ne sommes pas aussi puissantes qu’Hifumi-san. Et puisque je n’ai pas les mêmes expériences et compétences que toi, Helen, je pense qu’il est de mon devoir de découvrir de nouvelles choses. » (Reni)

Reni paraissait tout à fait sérieuse. D’après elle, il s’agissait de la conclusion atteinte après une longue soirée de réflexion, et elle souhaitait qu’Helen la comprenne.

« Hifumi-san, pardonne-moi si je suis un fardeau. Même si tu comptes entrer dans une ville humaine, peux-tu m’emmener avec toi ? » (Reni)

« Tu es totalement déraisonnable Reni ! Si un homme-bête est découvert dans un pays humain, il risque d’être tué ou réduit en esclavage ! » (Helen)

« Tout ira bien si je reste aux cotés d’Hifumi-san. Je pense qu’il s’agit de ma première et de ma seule chance. » (Reni)

Hifumi, resté silencieux les bras croisés, se tourna sans la moindre expression vers Reni et lui demanda,

« Alors, que comptes-tu faire après avoir vu la vie que mènent les humains ? » (Hifumi)

« C’est… même moi je ne le sais pas… Mais plutôt que de vivre caché dans les terres désolées, sans rien savoir du monde et craignant à chaque seconde pour ma vie, je me demande s’il n’existe pas une alternative à tout cela. » (Reni)

« Je ne sais rien de ce pays vers lequel je me dirige. Je suis incapable de te faire visiter. De plus, tu risques d’être impliqué dans des problèmes là-bas. » (Hifumi)

« Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours vécu en fuyant et me cachant. En cas de problème, je peux survivre en me dissimulant. Tu n’auras pas à me faire visiter. Je veux simplement voir comment vivent les humains. » (Reni)

Hifumi et Reni se regardèrent droit dans les yeux pendant quelques instants.

Devant Helen, inquiète, Hifumi plaça sa main sur la tête de Reni.

« D’accord. C’est une bonne chose pour un enfant d’étudier en observant son environnement. De plus, tu as décidé par toi-même ce que tu voulais faire. Toutefois, à Swordland, tu devras agir comme mon esclave. » (Hifumi)

« Compris. C’est un plaisir de t’accompagner. » (Reni)

« A-Attendez ! Agir comme une esclave, c’est… » (Helen)

« Ne t’inquiète pas », s’exclama fièrement Hifumi devant Helen.

« Si tu es inquiète du traitement porté aux esclaves, alors il s’agit de quelque chose avec lequel je suis tout à fait familier. De plus, il ne s’agit que d’une couverture. » (Hifumi)

« M-Mais… » (Helen)

« Ce n’est rien. » (Reni)

Reni prit doucement Helen dans ses bras.

« Désolé si je suis égoïste. Lorsque j’aurais vu de nombreuses choses, je te raconterai comment vivent les humains, d’accord Helen ? Peut-être ferais-je une découverte permettant d’améliorer la vie au village. » (Reni)

« En parlant de village, il s’agit d’un rassemblement de moutons et de lapins, huh… ? » (Hifumi)

Tapotant son genou de son doigt, Hifumi parut avoir une idée. Il organisa rapidement les pensées dans son esprit.

« Je pense qu’en effet, nous rencontrerons quelque chose qui changera votre village. » (Hifumi)

Voyant un large sourire apparaitre sur le visage d’Hifumi, Helen se leva en vitesse.

« J-Je viens moi aussi ! » (Helen)

Une fois la requête d’Helen elle aussi acceptée, le trio changea ses plans et au lieu de se diviser, resta uni pour se diriger de nouveau vers Swordland.

 

Le nom du roi actuel du Pays Chevalier, Swordlan, était Buell.

Buell était un chevalier aux muscles saillants ressemblant exactement au roi fondateur. Il se dévouait entièrement à son entrainement une fois les affaires gouvernementales réglées. Au sein du pays, il était considéré comme le plus puissant des chevaliers.

« Un Chevalier parti chasser des homme-bêtes n’est pas revenu ? » (Buell)

Secouant ses courts cheveux blonds tout en répétant des coups d’épées dans le jardin du château, il rajouta «Et la raison est inconnue ? ».

« Haa ! D’après les enregistrements d’entrées et de départs, il n’est pas allé trop loin dans les terres désolées, mais pour le moment, nous enquêtons toujours. »

« Ignorez-le. » (Buell)

« Ha ? »

Posant son épée, Buell essuya la sueur dégoulinant sur tout son corps.

« Je vous dit de l’ignorer. S’il est un chevalier, portant la fierté de notre pays, nous le recevrons en tant que tel à son arrivée, peu importe le nombre de jours passés là-bas. Toutefois, s’il s’est fait vaincre par de simples homme-bêtes, alors ce pays n’a pas besoin d’un tel chevalier. » (Buell)

« Mais… »

Sans même pouvoir objecter, le chevalier venu transmettre le message fut chassé d’un simple geste de la main de la part du roi.

En échange, un chambellan accompagnant habituellement le roi s’approcha de ce dernier.

Il reçut la serviette utilisée par le roi pour essuyer sa sueur, et lui présenta de l’eau froide.

« Un homme-bête a été arrangé. »

« Dans ce cas apportez-le-moi. » (Buell)

« Tout de suite. »

Après que le chambellan soit parti, il revint quelques minutes plus tard aux côtés de deux soldats. Ces soldats trainaient derrière eux un homme-léopard aux mains et pieds enchainés derrière son dos.

« Hmm. Aujourd’hui l’adversaire est un léopard, eh ? » (Buell)

Reprenant son épée, Buell se plaça devant l’homme-léopard et pointa son épée dans sa direction.

« Tu es un sale homme-bête, mais es-tu fort ? » (Buell)

L’homme-léopard, levant la tête regarda le roi en silence.

« Mon roi. Puisque cette chose n’arrêtait pas de crier, nous lui avons brûlé la gorge. Il ne peut plus parler. »

« Quoi, c’est donc ça ? Oy, homme-bête. Je vais faire retirer les chaines qui t’emprisonnent. Si tu parviens à ne serait-ce que m’égratigner, je te relâcherai dans les terres désolées. » (Buell)

Sur les ordres du roi, les soldats retirèrent les chaines puis s’éloignèrent rapidement de l’homme-bête.

Celui-ci, tout à coup libéré de ses entraves, regarda ses pieds pendant un instant puis bondit en arrière tout en sortant ses griffes.

Voyant cela, le roi éclata de rire.

« C’est ça. Accroche-toi désespérément à la vie. Mais… » (Buell)

Buell se mit en position, agrippant son épée à deux mains et plaçant celle-ci en diagonale au dessus de sa tête.

« Après tout, tu n’es qu’un vulgaire homme-bête. Considère ta mort sous les coups d’un chevalier comme un honneur. » (Buell)

Rugissant sans bruit, le léopard s’approcha de lui à toute vitesse.

L’homme-léopard, courant à quatre pattes, visa le cou du roi avec ses deux pattes avant tout en levant son corps.

« Naïf. » (Buell)

Sortant son épée, Buell frappa les doigts de l’homme-bête avec son fourreau puis trancha horizontalement.

Lorsque le léopard considéra son esquive comme un succès après s’être de nouveau baissé, le roi se tordit en attaqua de nouveau en tournoyant sur lui-même.

« Humph ! » (Buell)

Avec un bruit sourd, le crâne du léopard se fendit en deux de haut en bas.

Sans prêter la moindre attention au cadavre de l’homme-léopard tombé en déversant sur le sol des morceaux de cervelle, le roi présenta son épée au chambellan pour que celui-ci puisse en nettoyer la lame.

« Son premier mouvement était bon, mais j’ai réussi à le contrer en un instant. » (Buell)

« C’était magnifique, mon roi. »

Le roi exprima son déplaisir en lançant au chambellan un regard de mépris.

« Si j’avais du mal face à un adversaire de ce niveau, je ne serais pas considéré comme le roi du Pays Chevalier. Je suis censé être aussi puissant que le fondateur. Allez chercher un autre homme-bête plus puissant. » (Buell)

« Ha ! A vos ordres. »

Les soldats ayant apporté l’homme-bête saluèrent respectueusement le roi et partirent en trainant le cadavre de l’homme-léopard.

« Mon roi, il est temps de retourner au château. »

En entendant les mots du chambellan, le roi secoua la tête.

« Je laisserai quelqu’un d’autre s’en occuper. Pour le moment, je me dirige vers la prison où sont retenues les femme-bêtes. Je suis toujours excité après un combat. » (Buell)

« Oui ! »

Le roi, se dirigeant vers les caves du château où étaient confinées les femme-bêtes, fut salué par ses chambellans.

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